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Le SMIC a augmenté de 2,41 % au 1er juin 2026. Le salaire minimum passe à 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut par mois et environ 1 478 € net. Environ 2,2 millions de salariés sont directement concernés. Mais le vrai sujet, c’est les 11,9 millions d’autres qui vont se retrouver avec une grille salariale de branche formellement sous le seuil légal.
Les nouveaux montants au 1er juin 2026

Voici ce qui change sur les bulletins de paie de juin :
| Avant (jusqu’au 31 mai 2026) | Après (à partir du 1er juin 2026) | Différence | |
|---|---|---|---|
| SMIC horaire brut | 12,02 € | 12,31 € | +0,29 € |
| SMIC mensuel brut (35h) | 1 823,03 € | 1 867,02 € | +43,99 € |
| SMIC mensuel net estimé | 1 443 € | 1 478 € | +35 € |
À Mayotte, le SMIC horaire brut atteint désormais 9,56 €, pour un mensuel brut de 1 449,93 €.
C’est la deuxième revalorisation de l’année : le SMIC avait déjà augmenté au 1er janvier 2026. Le mécanisme est automatique : la loi impose une revalorisation dès que l’indice des prix à la consommation dépasse +2 % par rapport au niveau constaté lors de la dernière hausse. C’est ce seuil qui a été franchi en mai, déclenchant cette revalorisation au 1er juin.
Qui est directement concerné ?
Environ 2,2 millions de salariés du secteur privé — soit 12,4 % des salariés — sont rémunérés exactement au SMIC. Pour eux, l’ajustement est automatique et immédiat : l’employeur n’a rien à valider, le nouveau taux s’applique de plein droit au 1er juin.
Les temps partiels sont concernés au prorata de leur durée contractuelle. Un salarié à 20h par semaine reçoit la moitié du SMIC mensuel brut, soit 933,51 €. Pour les apprentis, les taux applicables dépendent de l’âge et de l’année de contrat et sont définis par décret.
Pour vérifier qu’un contrat est conforme au nouveau barème, le Code du travail numérique met à disposition un simulateur accessible sans inscription.
Le vrai problème : le tassement des grilles de branche
Chaque hausse du SMIC génère le même effet mécanique : des grilles salariales conventionnelles qui ne suivent plus. Et cette fois, l’ampleur est significative.
Selon les données disponibles, 126 branches professionnelles sur 179 afficheront au moins un coefficient de leur grille salariale en dessous du nouveau seuil légal. Ces branches couvrent 11,9 millions de salariés, soit près de 45 % des salariés du secteur privé.
Concrètement, un technicien avec trois ans d’ancienneté dans la restauration rapide ou dans le nettoyage peut se retrouver rémunéré au même niveau qu’un entrant, son coefficient de branche n’ayant pas été revalorisé depuis des mois. C’est l’effet de tassement : les écarts de qualification se réduisent, les grilles perdent leur fonction différenciatrice.
Le Code du travail impose aux partenaires sociaux d’ouvrir des négociations dans un délai de 45 jours à compter du 1er juin, soit au plus tard vers le 15 juillet 2026. Dans les branches qui tardent, les salariés restent protégés par le SMIC en valeur absolue, mais la grille conventionnelle reste formellement non conforme.
Ce que les employeurs doivent faire avant fin juin
Pour les entreprises qui emploient des salariés rémunérés au SMIC, l’obligation est simple : appliquer le nouveau taux sur les bulletins de juin. Pas de délai, pas de négociation à mener. Un oubli expose à un redressement URSSAF lors du prochain contrôle de paie.
Le surcoût mensuel brut est de 43,99 € par salarié à temps plein au SMIC. Pour une équipe de 20 salariés, cela représente environ 880 € bruts de masse salariale supplémentaire par mois, avant prise en compte des allègements de cotisations patronales (réduction Fillon) qui s’appliquent sur les bas salaires et limitent partiellement l’impact réel.
La question plus stratégique concerne les entreprises dont la convention collective est touchée par le tassement. Deux options : revaloriser uniquement le bas de grille pour rester en conformité à court terme, ou ouvrir une renégociation plus large pour reconstruire des écarts de qualification cohérents. Les branches qui ont accumulé du retard lors des précédentes revalorisations — il y en a eu cinq en trois ans — vont devoir trancher rapidement.
Pour suivre l’ensemble de nos analyses sur l’emploi et la gestion RH, retrouvez tous nos articles dédiés.
+2,41 % affiché, une bien plus grosse négociation derrière
La revalorisation automatique du SMIC protège ceux qui en ont le plus besoin — et c’est son rôle. Mais derrière le chiffre affiché se joue quelque chose de plus structurel : 126 branches qui ont laissé leurs grilles décrocher, et un délai de 45 jours pour corriger la situation. La plupart ne le feront pas dans les temps. Pour les 11,9 millions de salariés concernés par ce tassement, le vrai problème n’est pas la hausse du SMIC. C’est le fait que leurs propres augmentations n’ont pas suivi.
